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Valiant
Valiant Mk.I
Bombardier stratégique
L'AVION
  Pays constructeur Grande-Bretagne
  Constructeur Vickers
  Versions Type 660, premier prototype
Type 667, second prototype
Valiant Mk.I, version originale du bombardier
Valiant Mk.II, version destinée à marquer les cibles pour les autres bombardiers, finalement abandonnée
Valiant B(PR) Mk.1, version de reconnaissance à long rayon d'action et à haute altitude
Valiant B(PR)K Mk.1, version de reconnaissance équipée pour le ravitaillement en vol
  Equipage 5
  Premier vol 18 mai 1951
  Exemplaires produits 107
  Pays utilisateurs Grande-Bretagne
  Service En service en juin 1954, retiré définitivement en janvier 1965
DIMENSIONS
  Envergure 34,87 m
  Longueur 33,01 m
  Hauteur 9,81 m
  Surface ailaire ???
MOTEURS
  Motorisation 4 réacteurs Rolls-Royce Avon 204
  Poussée 4 x 44,7 kN
MASSES
  Masse à vide 34 420 Kg
  Masse maximale au décollage 79 380 Kg
  Masse utile maximale 4 500 Kg
PERFORMANCES
  Vitesse maximale (Mach 0,84) 912 Km/h
  Vitesse de croisière (Mach 0,82) 890 Km/h
  Plafond 16 460 m
  Distance franchissable ??? Km
HISTORIQUE
Le Valiant est le premier bombardier de la famille des "V-Bombers" qui comprend également le Victor et le Vulcan. Cet avion ne faillit jamais être construit. Vickers travaillait sur un bombardier équipé de moteurs à réaction depuis 1944 mais sans réel intérêt du gouvernement britannique. Cependant à la fin de la Seconde Guerre mondiale, l'intérêt d'un bombardier de ce type se fit sentir et le Ministère de l'Equipement britannique émit une requête en 1946 pour un avion capable de porter une bombe de 4 500 Kg, de voler à 926 Km/h à 15 200 m sur une distance de plus de 6 200 Km. Ce projet représentait un grand saut en capacité comparé aux avions à piston. Les caractéristiques de l'avion de Vickers étaient trop juste par rapport aux spécifications émises et il semblait condamné, d'autant plus que Avro et Handley Page avaient des propositions qui satisfaisaient les critères. Vickers se battit alors avec le gouvernement britannique pour que son avion soit construit en prétextant que son design était plus simple et qu'il serait moins sujet à un échec ou à de grands délais de fabrication par rapport à ses concurrents. Finalement, Vickers fut autorisé à construire son Type 660 et une nouvelle requête fut émise à son propos en juillet 1948. La conception de l'avion commença réellement en avril 1948 et en février 1949, le Ministère de l'Equipement ordonna la construction de deux prototypes. En avril 1951, alors que l'avion n'avait pas encore volé, vingt-cinq avions de série furent commandé. Le premier vol du prototype eut lieu le 18 mai 1951. En juin de cette même année, le nom de Valiant fut choisit. Ce bombardier inaugurait une nouvelle façon de nommer les bombardiers en Grande-Bretagne. Après les avoir nommés comme des villes du Commonwealth (comme le Lancaster ou le Halifax), il fut décider de leur donner un nom commençant par V.
Le Valiant avait une aile de conception classique pour l'époque et était de forme lisse. Les moteurs Rolls Royce Avon étaient encastrés dans les racines des ailes. Le premier prototype fut perdu au début de 1952 suite à un incendie de moteur. Le second prototype, le Type 667, était presque fini et il vola pour la première fois le 11 avril 1952. Il avait des prises d'air élargies par rapport à son prédécesseur pour alimenter des moteurs Avon plus puissants.
Une nouvelle version fut développée pour satisfaire un besoin de la RAF. Celle-ci voulait que des avions servent à marquer des cibles, une tactique qui avait été employée au cours de la Seconde Guerre Mondiale. Cette méthode semblait un peut archaïque au temps de bombardiers nucléaires équipés de radar, mais Vickers construisit cette nouvelle variante au fuselage renforcé pour soutenir les efforts du vol à basse altitude nécessaire dans ce type de mission. Elle fut appelée Mk.II et commandée à 17 exemplaires. Le premier prototype vola pour la première fois le 4 septembre 1953. Cette version se distinguait par un nez allongé et un train d'atterrissage placé dans un carénage sous l'aile plutôt que dans l'aile en elle-même, traduisant le renforcement de l'aile. Cependant, en 1955, la RAF se rendit compte que la tactique du marquage était devenue obsolète, les avions pouvant très bien trouver leur chemin jusqu'à la cible avec l'utilisation du radar alors même qu'elle considérait la pénétration du territoire de l'URSS à haute altitude comme allant devenir plus dangereuse dans le futur. Ainsi, le Valiant Mk.II fut abandonné alors qu'il aurait put être transformé en bombardier à basse altitude.
En 1953, alors que les premiers Valiant Mk.I étaient construit, la Grande-Bretagne était en retard par rapport aux Etats-Unis et à l'URSS sur le développement d'un bombardier moderne. A cette époque les Etats-Unis utilisaient déjà le B-47 Stratojet et même si le Valiant volait plus haut, était capable de transporter une charge utile supérieure, il volait néanmoins plus lentement et surtout, il n'était pas encore en service. La Grande-Bretagne ne pouvait aligner que des Lincoln (une version améliorée du Lancaster) et des B-29 Superfortress (renommées Washington) prêtées par les Etats-Unis. Ce retard important était le résultat du développement de front de quatre bombardiers: le Vickers Valiant, l'Avro Vulcan, le Handley Page Victor et le Shorts Squerrin (bien que celui-ci resta au stade de prototype). Le premier Valiant Mk.I n'entra en service qu'en juin 1954. Le squadron ainsi formé, le N°138, ne fut pleinement opérationnel qu'en juillet 1955.
La RAF réalisa que ses bombardiers pourraient faire une bonne plate-forme de reconnaissance. Elle commanda donc 11 Valiant en version de reconnaissance. Ceux-ci, connus sous la désignation de Valiant B(PR) Mk.I, emportaient huit appareils photographiques dans la soute à la place des bombes. Le premier de ces avions fut livré en juin 1955. Une autre version fut ensuite construite, Valiant B(PR)K Mk.I. Cette version pouvait emporter soit des bombes, soit l'équipement de reconnaissance, mais aussi un pack de ravitaillement en vol pour transformer le bombardier en citerne volante.
En juillet 1956, l'Egypte nationalisa le Canal de Suez. Des Valiant furent disposés à Malte et à partir du 31 octobre, ils menèrent des bombardements contre les aérodromes égyptiens. Ils furent retirés au début 1957 sans qu'aucun avion ne soit abattu.
Le 11 octobre 1956, un Valiant de la RAF largua dans le désert australien la première bombe atomique britannique. En 1957, les britanniques utilisèrent également un Valiant pour larguer leur première bombe H sur une île du Pacifique. Celle-ci se révéla moins puissante que prévu et c'est finalement en 1958, au bout du troisième test que les britanniques validèrent leur armement nucléaire. La Grande-Bretagne fit donc l'acquisition de la bombe H deux ans après les Etats-Unis et l'URSS. La "Force V" (V-force) était dorénavant vecteur de la bombe nucléaire et intégra la force nucléaire de l'OTAN.
En 1960, avec l'arrivée des Victor et des Vulcan, les Valiant équipés pour le ravitaillement en vol ne se servirent plus que dans ce rôle.
En 1962, la RAF se rendit compte que la pénétration du territoire soviétique ne se déroulerait pas comme en Egypte, le pays étant défendu par des chasseurs Mig-17 Frescot et par des missiles air-sol. La tactique de pénétration à haute ou moyenne altitude était vouée à l'échec. Entre 1962 et 1963, les Valiant furent contraints de voler plus bas pour élaborer des tactiques de pénétration à faible altitude. Les versions Mk.I se trouvèrent donc dans le rôle qui aurait pu être celui des versions Mk.II. Alors que les Victor et Vulcan avaient été modifiés pour correspondre au vol à basse altitude, beaucoup plus fatiguant au niveau structurel, le Valiant ne subit aucune modification. En 1964 des accidents inexplicables eurent lieu sur trois appareils. Après enquête, il s'avéra que les structures des Valiant étaient très fatiguées, résultat des vols à basse altitude. Aussitôt les Valiant furent interdit de vol à basse altitude et la RAF se pencha sur le problème pour savoir le coût des réparations à effectuer sur les avions. Avec la flotte de Victor et de Vulcan en service, le coût de réfaction des Valiant se montra trop élevé et en janvier 1965 le dernier squadron de Valiant fut démantelé. Pour remplacer ses avions ravitailleurs, la RAF dut convertir des Victor. Aujourd'hui il n'en reste plus qu'un seul exemplaire du Valiant, visible au musée de la RAF à Hendon, au nord de Londres.



Valiant Mk.I Valiant Mk.I Valiant Mk.II Valiant BK Mk.I et Lightning